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Postet d'an 12/04/2021 - Pennadoù

« Ar Marc’h Dall », le cheval aveugle se cabre de nouveau

Les défis insurmontables sont sa marque de fabrique : l’enseignant et éditeur quimpérois Arnaud Elegoët met la dernière note à une version symphonique de la cantate « Ar Marc’h Dall » (Le cheval aveugle), une allégorie de la Bretagne qui se bat. Sortie du livre-disque prévue fin 2021.
« Ar Marc’h Dall », le cheval aveugle se cabre de nouveau

Sans déconvenues, sa quête artistique serait sans saveur… Fin 2018, Arnaud Elegoët, professeur de musique, et patron de la maison d’édition Bannou Héol, publiait « Kan Ar Bed », le chant du monde, un magnifique livre-CD qui lui avait demandé quatre ans de travail. Le projet était né d’une volonté de reprendre des mélodies glanées sur les cinq continents et de les adapter en breton. Arnaud s’était associé à Joris Iniadas et à la chanteuse Véronique Autret. Mais l’enregistrement fut jalonné d’écueils, allant du refus du Centre Régional de Documentation Pédagogique de les soutenir à l’orchestre de Bretagne qui, finalement, les laissa choir. Après un détour en Bulgarie et pas mal de débrouille, « Kan Ar Bed » a vu le jour. « Sur le coup, j’étais rassasié », sourit Arnaud Elegoët.

« Comment le breton pouvait-il sonner si moderne ? »

Les retours enthousiastes, notamment de parents d’élèves de classe bilingue, qui le remerciaient de cette manière de prolonger le breton à la maison, lui firent vite oublier les embûches. « Il nous a semblé important de partir sur une suite », explique-t-il. Il penche d’abord pour un « Kan ar Bed 2 ». Puis il se souvient d’une cantate, « Ar Marc’h Dall », entendue avec ses parents, au Folgoët, en 1979. « J’avais sept ans. Je ne parlais pas encore breton mais j’avais été surpris par la modernité de cette œuvre, mise en musique sur des arrangements de guitare, basse, batterie. Comment le breton pouvait-il sonner si moderne ? ».

« Ce cheval risquait d’être la Bretagne de demain »

Bien des années plus tard, il réécoute le CD de « Ar Marc’h Dall ». « Job An Irien avait, enfant, un cheval aveugle qu’il avait du mal à manœuvrer. Pour lui, ce cheval risquait d’être la Bretagne de demain, qui va de l’avant, sans trop savoir où. Je lui ai trouvé des résonances actuelles. Ce qu’avaient écrit René Abjean et Job An Irien est aussi vrai pour toutes les langues minoritaires », insiste-t-il. L’idée de réempoigner l’œuvre lui trotte dans la tête. Il y a un an et demi, il obtient l’aval des deux auteurs. Il retrouve son complice Joris Iniadas. « On s’est dit qu’on allait faire une version symphonique de l’œuvre, en gardant une place centrale pour la harpe, la bombarde et la cornemuse ». Tous deux s’attachent les services de l’arrangeur Rennais Ronan Ò Luasa.

« La plus belle voix que je connaisse »

Arnaud Elegoët se dit alors que les contacts noués avec le « Bulgarian Symphony Orchestra », lors de l’aventure « Kan Ar Bed », vont lui faire gagner un temps précieux. Las ! La covid-19 lui fait renouer avec les ennuis ! L’enregistrement se fera miraculeusement, fin août, à Sofia. Arnaud Elegoët rameute ensuite la chorale Nord Finistérienne « Allah’s Kañan » à Quimper, au sein des studios Dizale, qui lui ouvrent gracieusement leurs micros. « Grâce à Dizale, nous avons pu mener à bien nos deux projets, « Kan Ar Bed » et « Ar Marc’h Dall ». Leurs studios sont top ». Sa grande fierté est de convaincre la chanteuse Plouguernéenne Véronique Autret, qui chantait déjà sur « Kan Ar Bed », mais surtout sur le « Ar Marc’h Dall » de 1979, de revenir poser sa voix sur cette nouvelle version. « Pour moi, c’est la plus belle voix que je connaisse ».

Rendez-vous manqué à Bastia

Les soucis semblaient relégués au rayon des souvenirs. Arrive le mois de février : Arnaud Elegoët, Joris Iniadas et Véronique Autret doivent se rendre à Bastia pour enregistrer les parties solistes aux côtés des chanteurs corses Petru Bracci et Niculaiu Giustiniani. Mais Petru Bracci est déclaré cas contact ! Rendez-vous reporté… Cette dernière péripétie n’émeut guère Arnaud Elegoët : « Le projet est bien avancé », estime-t-il. Pour preuve, le graphiste nantais Geoffrey Berniolle planche sur la pochette. Un livret bilingue, expliquant le fonctionnement d’un orchestre symphonique, accompagnera de nouveau le disque. Sauf extraordinaire, le sillon du cheval aveugle devrait apparaître pour fin 2021.

Thierry Charpentier

Le Télégramme

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